Enseigner le français au Yunnan
Enseigner le français au Yunnan

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Date de création : 23/08/2008 / Dernière mise à jour : 07/06/2010 à 16:32 / 55 articles publiés

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La sécheresse au Yunnan met en lumière les menaces climatiques futures

Le 07 juin 2010 à 16:32 dans Province du Yunnan - 云南, 63 lectures

Le Yunnan a connu cette année une des pires sécheresses de son histoire, avec une diminution de 60% des précipitations. 8,1 Millions de personnes, soit 18% de la population du Yunnan, sont à court d’eau potable et des récoltes d’une valeur de 2,5 milliards de dollars sont perdus. Les précipitations diminuent régulièrement dans cette région depuis 1960. Pour les scientifiques, la sécheresse de cette année illustre comment les conséquences du réchauffement climatique combinées à une mauvaise gestion des ressources peut conduire au désastre.

Parmi les causes citées figurent le phénomène El Niño, statistiquement reconnu pour ses conséquences indirectes sur le climat du sud-ouest de la Chine, mais surtout la déforestation dans les montagnes du Yunnan. La forêt est un régulateur naturel du climat et stocke l’eau dans son sol et sa canopée. Or, entre 1976 et 2003, la forêt primaire du Yunnan a été réduite à 3,6% de sa couverture d’origine. Elle a été remplacée par l’hévéa pour la fabrication de caoutchouc ou par l’eucalyptus, tous deux extrêmement gourmands en eau. L’exploitation des mines et des carrières, ainsi que l’urbanisation croissante ont également supprimé d’immenses surfaces de forêt, avec pour conséquence une augmentation de l’érosion, des glissements de terrain et des inondations.

Les scientifiques craignent que les sécheresses deviennent plus fréquentes dans tout le sud de l’Asie. Avec aussi des effets irréversibles sur la biodiversité, comme l’illustre l’augmentation de 10% des lianes dans les forêts du Yunnan. Un environnement plus sec profite à cette plante qui sait puiser l’eau en profondeur grâce à ses racines. Mais les lianes absorbent peu de CO2 et leur développement dans les forêts primaires risque de diminuer la fonction de puits de carbone de celles-ci et donc de contribuer au réchauffement.

Autre facteur aggravant pointé par les scientifiques chinois, une mauvaise gestion de l’infrastructure à petite échelle. La plupart des réservoirs ont plus de 50 ans et ne sont plus en état de fonctionnement. Les lacs sont pollués et inutilisables. Ne misant que sur des grands projets hydrauliques, la région ne dispose plus de l’ensemble des petits points d’eau qui auraient permis de mieux affronter la sécheresse. Les scientifiques déclarent qu’il faut apprendre les leçons de cette sécheresse, car des situations extrêmes comme celle-ci risquent de se produire de plus en plus fréquemment.

Jane Qiu : http://www.nature.com/news/2010/100511/full/465142a.html

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Kunming : ville candidate du projet français « ville de demain »

Le 28 mai 2010 à 00:43 dans Province du Yunnan - 云南, 81 lectures

Le 12 mai, le festival culturel Croisements 2010 s'est inauguré à Kunming, chef-lieu de la province du Yunnan. À cette occasion débutait également la deuxième édition de la semaine culturelle de la France à Kunming.

M. Hervé Ladsous, ambassadeur de la France en Chine, était présent à l'inauguration. Lors de ses paroles, il a indiqué que la culture était l'une des spécialités des échanges entre la France et la Chine. Cette année, la semaine culturelle de la France à Kunming présentera au public des activités spectaculaires, telles que la pièce de théâtre contemporain le manuel du merveilleux, la danse hip-hop Urban ballet ou bien encore le spectacle de Jazz Jean Philippe Viret Trio invite Wu Na. Les éléments musicaux français se marieront parfaitement avec la musique traditionnelle chinoise à travers ces évènements.

Depuis ces dernières années, de plus en plus d'entreprises françaises s'installent avec succès dans le Yunnan, à l'instar de Veolia et Carrefour. Kunming a été sélectionnée comme ville candidate du programme des « villes de demain ». À ce titre, une délégation de 20-30 entreprises françaises inspectera Kunming l'année prochaine. De plus, L'agence française de développement (AFD) envisage des projets de coopération approfondie avec la province du Yunnan dans les domaines de l'économie d'énergie, de la réduction des émissions et des sources d'énergie propres.

Né en 2006, de la volonté des autorités françaises et chinoises de poursuive le formidable élan donné aux échanges culturels franco-chinois par les Années Croisées, le festival Croisements propose une programmation de qualité sur une période de plus de deux mois. L'édition 2010 du festival réserve un printemps plein de surprises avec près de deux cents événements (danse, théâtre, musique, expositions) programmés dans 27 grandes villes de Chine.

french.china.org.cn (mai 2010)

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FRANCOPHONIE

Le 25 mai 2010 à 03:40 dans Autres, 84 lectures

 

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Site personnel de Christian PUREN

Le 09 mai 2010 à 16:13 dans F L E en Chine - 学法文, 82 lectures

Depuis le 2 mai 2010, Christian Puren propose une formation gratuite à distance à la didactique des langues-cultures. Ce cours "La didactique des langues-cultures comme domaine de recherche" est conçu pour être suivi à distance de manière individuelle ou collective. Il est gratuit et sans inscription :

Les contenus de ce cours collaboratif se répartissent en 7 chapitres : 

  1. Les trois perspectives constitutives de la didactique des langues-cultures étrangères.
  2. La perspective méthodologique : noyaux durs méthodologiques de méthodologies constituées ; méthodes et méthodologies.
  3. La perspective didactique 1/3 : modèles versus théories ; Le domaine de la langue enseignée/apprise ; le domaines de la/des culture(s) enseignée(s)/apprise(s) ; le domaine des processus cognitifs d'apprentissage ; le domaine des processus relationnels.
  4. La perspective didactique 2/3 : les objectifs ; les environnements.
  5. La perspective didactique 3/3 : les matériels didactiques ; les pratiques et leur observation.
  6. La perspective didactologique 1/2 : l'épistémologie.
  7. La perspective didactologique 2/2 : l'idéologie et la déontologie

http://www.christianpuren.com/cours-collaboratif-la-dlc-comme-domaine-de-recherche/

Merci Monsieur Puren ! 

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Les manuels de français en Chine

Le 17 avril 2010 à 04:58 dans F L E en Chine - 学法文, 119 lectures

Les ouvrages disponibles sont extrêmement limités au regard de l’offre actuelle en France. Les manuels édités en Chine s’avèrent peu attrayants (pas de couleur, papier recyclé) et très démodés. J’ajouterai qu’il est extrêmement frustrant, pour un enseignant de français, de s’intéresser à l’offre des manuels d’anglais langue étrangère destinés au public chinois.

Cependant, des maisons d’édition chinoises comme Foreign Languages Teaching and Research Press (FLTRP) ou encore Shanghai Foreign Language Education Press (FLEP) achètent les droits d’auteurs de certains manuels français de FLE qu’elles réadaptent ensuite au public chinois. Il est alors possible de se procurer dans les librairies chinoises quelques ouvrages, comme la série « communication, grammaire, vocabulaire et civilisation progressive du français » de CLE International, « Reflets » de chez Hachette, ou encore « Tandem » des éditions Didier. Cependant, la réadaptation chinoise d’un manuel français ressemble plus souvent à un bricolage méthodologique qu’à de réels choix raisonnés.

Parmi les manuels conçus en Chine, le plus largement employé pour l’enseignement du français comme première langue étrangère à l’université est « Le français ». En effet, cette méthode, diffusée depuis 1992 par l’Institut des langues étrangères de Pékin, est toujours recommandée à l’échelle nationale par le Ministère chinois de l’éducation. En utilisant d’autres matériaux didactiques, l’enseignant chinois risque de s’écarter du programme officiel et surtout de la préparation aux examens nationaux.

À l’instar des autres manuels de français conçus en Chine, « Le français » est imprimé en noir et blanc sur un papier recyclé. Les activités se succèdent les unes après les autres avec très peu d’espaces et sans aucune illustration.

Cet ensemble didactique se compose de 4 tomes. La première moitié du tome 1, qui correspond aux dix premières leçons, est consacrée à la phonétique, aux règles et aux exercices de prononciation. À partir de la leçon 11, on observe une organisation identique jusqu’à la fin du dernier tome :

1)    Présentation d’un corpus
2)    Vocabulaire
3)    Notes
4)    Grammaire
5)    Phonétique   
6)    Civilisation française
7)    Exercices oraux
8)    Exercices écrits
9)    Lecture

Le corpus d’une leçon est fabriqué autour d’un thème. Le vocabulaire est traduit, la catégorie grammaticale traditionnelle notée ; les enseignants, comme les étudiants, y sont très attachés.

Les énoncés figurant dans les 4 tomes du manuel « Le français » ne correspondent pas toujours au français oral actuel. Certaines structures, grammaticalement correctes, ne se disent jamais en français. (« Luc est mon plus grand ami », « Quelle date est-ce aujourd’hui ? », « Combien d’argent faut-il pour acheter cette veste ? », « As-tu assez de délices aujourd’hui ? », etc.).
La progression grammaticale est toujours linéaire, du simple au complexe. Un même point de grammaire fait rarement l’objet de plusieurs leçons ; il est, au contraire, étudié dans sa totalité en une seule fois.

Cette méthode d’enseignement a pour principe de s’appuyer sur un modèle de référence. Dès lors, demander à un apprenant chinois de « créer » ou « d’imaginer » un dialogue, une situation sans support, sans canevas, peut lui sembler quelque chose parfaitement dénué d’intérêt ou, a priori, qu’il ignore. Pour cette raison, les méthodes qui tendent à « autonomiser » l’élève ne peuvent s’appliquer aux apprenants chinois sans préparation et explicitation préalables des buts et objectifs. L’autonomie et la créativité de l’apprenant ne sont pas des valeurs privilégiées dans les manuels conçus en Chine.

Dans ce manuel, on constate une distinction, qui certes n’est que « formelle », entre les exercices oraux et les exercices écrits. En réalité, il s’agit du même type d’exercices indéfiniment déclinés à l’oral ou bien à l’écrit. La démarche est la suivante : un son, un mot, une phrase, ou un texte est choisi et présenté comme modèle de référence. Il s’agit ensuite de proposer des batteries d’exercices structuraux destinés à permettre à l’apprenant de s’approprier ce modèle. La réflexion de l’étudiant n’est donc pas, ou très peu, sollicitée dans ce type de méthode béhavioriste.

Afin d’offrir un manuel de qualité, il me semble extrêmement urgent de constituer une équipe mixte sino-française capable de concevoir de véritables matériaux didactiques qui, tout en étant modernes, s’adapteraient au contexte universitaire chinois.

En attendant, tous les enseignants, qui souhaiteraient rendre leurs cours plus vivants et plus intéressants, attendent avec une très grande impatience au moins une mise à jour du manuel « Le français », devenu complètement obsolète en 2010.

Jérémy

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Licence "langue et culture françaises"

Le 01 avril 2010 à 03:39 dans F L E en Chine - 学法文, 122 lectures

La licence « langue, culture et littérature françaises» a pour objectif de donner aux étudiants débutants une bonne connaissance de la langue française ainsi que de la culture française et francophone. Les enseignements fondamentaux portent sur les notions de cette langue à l'écrit comme à l'oral. Au terme des quatre années d’enseignement, l'étudiant est censé maîtriser la langue à l'écrit, comme à l'oral .

En parcours de licence (en chinois : Benke), la scolarité se déroule sur quatre années et comporte deux cycles. Chaque cycle dure deux ans. Une année universitaire compte neuf mois étalés sur deux semestres. Il y a dix-huit semaines de cours dans chaque semestre.

Lors du premier cycle, dit de base, l’étudiant suit des cours de français à raison de 12 à 14 heures par semaine pour apprendre la phonétique, la grammaire, le lexique, la rédaction et la conversation avec le lecteur. Cet enseignement a pour vocation de transmettre aux apprenants une base solide dans les compétences linguistiques.

Le second cycle, dit de perfectionnement, consiste à approfondir l’étude du français dans la description linguistique, le stylistique, la lecture de la presse écrite, la littérature classique et contemporaine française et francophone, la culture française et francophone, la traduction et l’interprétariat. À tout cela s’ajoute l’apprentissage obligatoire de l’anglais.

Les quatre années d’études du français sont sanctionnées par des examens de fin d’études et la rédaction obligatoire d’un mémoire (30 pages) en français, pour obtenir la licence de « langue, culture et littérature françaises ».

Débouchés professionnels

Théoriquement, au terme de ses études, un étudiant peut exercer dans le domaine de l'enseignement, de la traduction, de l'interprétariat, du tourisme, de la culture, de la documentation, de la communication, des relations internationales, ou encore des métiers du livre  (édition, bibliothèque, etc.).

En réalité, peu d’étudiants atteignent le niveau attendu et se plaignent de ne pas être « opérationnels » lorsqu’ils sont diplômés. De nos jours, en Chine, connaître la langue française n’est plus une condition suffisante pour trouver un travail satisfaisant, encore moins pour obtenir une promotion de carrière.

Quelques universités de langues ont d’ores et déjà opté pour former des spécialistes de langue qui connaissent à la fois parfaitement la langue française et une spécialité disciplinaire associée aux échanges internationaux comme l’économie, la gestion d’entreprise ou encore le droit. C’est ce qu’on appelle, aujourd’hui en Chine, les étudiants de langue à « compétences composées ».

Actuellement, la formation des étudiants de langue à « compétences composées » donne lieu en Chine à un début de mise en œuvre de quatre principaux modes d’enseignement du FLE :

1.    Français à orientation professionnelle
2.    Français + savoir et savoir-faire d’une spécialité (en français)
3.    Français + une deuxième spécialité proprement dite (en chinois)
4.    Une spécialité (en chinois) + français LV2

Certaines universités françaises proposent un partenariat ou un accord de coopération avec des universités chinoises permettant de passer un diplôme français. Au terme de leurs quatre années d’enseignement, les étudiants obtiennent une Licence chinoise et un diplôme français (Licence, FOU, DU…)

À mon sens, il est important que les étudiants restent avant tout des spécialistes de langue, tout en possédant une base de savoir et savoir-faire liés à une spécialité professionnelle, pour être davantage performants, flexibles et opérationnels une fois en poste dans le monde du travail.

Cependant, ces modes d’E/A à « compétences composées »  posent tous plus ou moins des problèmes de mise en œuvre, qu’ils soient didactiques, administratifs, financiers ou encore politiques. À l’ouest de la Chine, partie défavorisée, la très grande majorité des universités ne proposent que très rarement ce genre de cursus.

À ce jour, il me semble que les programmes d’E/A du FLE ne sont plus en adéquation avec la Chine d’aujourd’hui et les besoins des apprenants chinois. À l’instar des cursus anglophones, il serait urgent de réorganiser les cursus disciplinaires de manière à passer des seuls domaines de la littérature et de la linguistique proprement dits à la pluridisciplinarité universitaire.

Le Français sur Objectif Spécifique (FOS) représente non seulement un enjeu en soi, mais aussi un atout pour développer l’enseignement du français en général. Une multitude de filières pourraient donc être créées concernant par exemple le commerce, les finances, la comptabilité, la gestion d’entreprise, la publicité, le journalisme, le droit, le tourisme, le secrétariat, la diplomatie ou encore le chinois langue étrangère.

À mon niveau, je prépare mes étudiants à l’examen proposé par la CCIP :
le Diplôme de Français Professionnel (DFP B1) .

Enfin, si la Chine ne développe pas de nouveaux cursus francophones, le français risque de devenir, dans un pays où tout bouge très vite, une langue morte et sans intérêt aux yeux des étudiants chinois.
 

Jérémy

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