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Date de création : 23/08/2008 / Dernière mise à jour : 19/02/2010 à 02:53 / 51 articles publiés

Archives pour la catégorie "Cinéma Chinois - 电影"

Les films chinois à découvrir au 62e Festival de Cannes 2009

Le 19 mai 2009 à 04:36 dans Cinéma Chinois - 电影, 163 lectures
La conférence de presse du 23 avril a dévoilé les films sélectionnés cette année au 62ème festival de Cannes, qui se tiendra du 13 au 24 mai prochain. Quatre films devraient particulièrement intéresser les amateurs de cinéma chinois.
Les films chinois à découvrir au 62e Festival de Cannes
En compétition : un film de Hong Kong, un de Taiwan et un de Chine continentale

De Johnnie To :  « Vengeance » 复仇
Avec Johnny Halliday (et Sylvie Testud)

Le chanteur et acteur a déclaré qu’il jouerait un ancien tueur à gages qui veut venger sa fille, tuée par la mafia chinoise.  Le scénario est inspiré de l’œuvre de Jean-Pierre Melville pour laquelle Johnnie To avoue une grande admiration (il a aussi annoncé depuis un certain temps le tournage d’un remake du Cercle Rouge). Ici l’inspiration serait plutôt « Le Samouraï », mais Johnny Halliday n’est pas Alain Delon (celui-ci aurait refusé le rôle, trouvant le scénario trop médiocre).

Un thriller en anglais, et un scénario qu’on a l’impression d’avoir déjà vu mille fois, mais du pur Johnnie To si l’on en croit les premières images (univers emblématique et acteurs fétiches : Anthony Wong, Simon Yam, Suet Lam et Lam Ka-Tung).

On reste cependant dubitatif. Johnnie To a l’art d’alterner les très bons films et les moins bons… le dernier était l’excellent « Sparrow ». Ceci dit, chaque fois qu’il a présenté un film à Cannes, ils étaient bons : « Breaking News » hors compétition en 2004 et l’un de ses meilleurs films, « Election », en compétition officielle l’année suivante…

De Tsai Ming-liang :  « Visage »

Le film a été tourné au Louvre et même commissionné par le musée (c’est le second film à y être tourné après « Da Vinci Code »). Le Ministère de la culture avait autorisé le réalisateur taiwanais à tourner dans les salles de son choix à condition que cela ne gêne pas les visites, et avait même mis un appartement tout près à sa disposition pour faciliter son travail.

L'intrigue du film, au moins, est originale : les visages des acteurs se mêlent à ceux des œuvres d’art exposées dans le musée, le scénario étant fondé sur des concepts bouddhistes chers au réalisateur. Il a déclaré vouloir montrer que tout est illusion, comme le cinéma lui-même est illusion, une illusion qui a des visages…

D’après les premières rumeurs, avant le tournage, Maggie Cheung, Lee Kang-Sheng (l’acteur de « La rivière », l’alter ego de Tsai Ming-liang) et Jean-Pierre Léaud (en hommage à la Nouvelle Vague si chère au réalisateur), devaient jouer les rôles titres, Maggie Cheung devant interpréter Salomé, et sa fameuse danse des voiles.

On se retrouve au bout du compte avec Laetitia Casta en Salomé, Maggie ayant refusé le rôle, Fanny Ardant (l’actrice de Truffaut), Jeanne Moreau et Nathalie Baye, autant d’hommages déguisés au cinéma français, et sans doute les figures de l’illusion…

Ce sera certainement l’un des meilleurs films de Cannes, on peut faire confiance à Tsai Ming-liang.
Reste à savoir si l’on peut qualifier le film de « chinois »… chinois dans l’âme, sans doute.


De Lou Ye (娄烨 ) : 春风沉醉的晚上  =  Nuit d’ivresse printanière

C’est la troisième fois que Lou Ye concourt en compétition officielle à Cannes, après 《紫蝴蝶》 (« Purple Butterfly ») en 2003 et 《颐和园》(« Une jeunesse chinoise ») en 2006. Le scénario de ce dernier film relate la relation homosexuelle secrète d’un homme marié.

Lou Ye avait été interdit de tournage pendant cinq ans par la censure chinoise pour avoir présenté « Summer Palace » au festival de Cannes sans l'autorisation des autorités chinoises. Co-production Rosem-Dream Factory, le film aurait été tourné dans le plus grand secret à Nanjing, et monté en France. Lou Ye confirme vouloir surfer sur son image de réalisateur sulfureux et banni.

Dans le cadre des séances spéciales, un film à découvrir

De Zhao Liang : « Petition » (ou « La cour des plaignants »)

Zhao Liang a réalisé en 2007 un premier film intitulé « Crime et châtiment », un documentaire de deux heures produit par l’Institut national de l’audiovisuel et présenté au festival de Locarno 2007, ainsi qu’au festival Shadows, à Paris, en octobre 2008. Ce second film semble poursuivre la réflexion du réalisateur sur le même thème.

http://www.icilachine.com

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Dernier film de Liu jie 刘杰

Le 31 août 2008 à 08:09 dans Cinéma Chinois - 电影, 90 lectures

Synopsis :

Chine. Yunnan. Un tribunal ambulant suit les chemins sinueux de la région pour sa tournée annuelle. FENG, la bonne cinquantaine, est le juge. Son assistante TANTE YANG, de la tribu des Moso, est à la veille de la retraite. Ils sont accompagnés du jeune juge AH-LUO, de la tribu Yi qui fait sa première tournée.

Ils voyagent en compagnie d’un vieux cheval qui transporte les dossiers et toutes leurs affaires.

Dans un village Pumi, FENG doit régler un problème autour d’une tombe saccagée par des cochons. AH-LUO perd malencontreusement l’emblème national, le symbole de l’autorité de l’état dans l’auge des cochons, le juge et son équipe doivent demander de l’aide à la chef du village.

Au village, les préparatifs du mariage de AH-LUO, battent leur plein, mais un incident avec FENG vient perturber le village. AH-LUO s’enfuit avec sa fiancée, renonçant ainsi à sa carrière. TANTE YANG ne finit pas non plus la tournée, elle prend sa retraite sans l’homme qu’elle a toujours secrètement aimé, FENG, qui poursuit la tournée du tribunal, seul et désespéré.

Note du réalisateur :

J’ai entendu parler de cette histoire pour la première fois en 2003, lors d’un voyage dans le Yunnan, une province du sud-ouest chinois. J’ai ensuite fait 6 voyages dans le canton de Ninglang, dans le Yunnan.

Le canton de Ninglang est situé dans les montagnes du nord-ouest du Yunnan et isolé du reste de la région par de dangereux sentiers. Couvrant un territoire d’environ 6.000km2, la région abrite 210.000 personnes de 12 minorités ethniques différentes. Fin 2004, la plupart des habitants vivait avec environ 70 euros par an.

Dans cette région, une minorité ethnique locale, les Moso, vit encore sous un régime ancestral de matriarcat.

Afin de préparer le film, j’ai suivi la tournée de 3 différents juges officiels et cette expérience m’a mené à une réflexion sur la vie des minorités, les conséquences de la préservation de cette ethnicité, la culture, l’environnement, le développement, la religion, l’opposition entre tradition et modernité, et, évidemment, les limites du système judiciaire chinois.

L’emblème national véhiculé par le cheval est le reflet exact du système judiciaire local, tressautant sur une route en construction.

Il y a actuellement près d’un millier de cours ambulantes en Chine. Le film représente une situation très courante de la Chine rurale. L’histoire est basée sur ce qui se passe actuellement en Chine au XXIème siècle.

Entretien avc le réalisateur :

Cette histoire est inspirée d’une situation réelle. Comment avez-vous eut l’idée d’en faire le sujet de votre film ?
Avant ce film, je ne connaissais pas vraiment la situation des campagnes, et des minorités. Je suis un homme de la ville donc très loin de cela. J’ai lu un certain nombre de documents qui m’ont permis de d’apprendre et de commencer à comprendre ce qui s’y passait. J’ai alors découvert que la situation ne ressemblait pas du tout à ce que j’imaginais. Notre système judiciaire est très loin des problèmes et des besoins de ces gens. Les lois, les peines sont décalées par rapport aux questions qui se posent là-bas. La justice y est trop brutale. C’est ce que la loi prévoit, alors on l’applique à la lettre. Avec les changements récents de la Chine, il est nécessaire que la justice dans ces zones évolue. Aujourd’hui, la justice écoute les plaintes et défenses des justiciables sans prendre en considération les moeurs et traditions locales. Or ces moeurs et tradition sont si importantes, qu’il est impossible de faire appliquer la justice équitablement si on ne les prend pas en considération. Je suis parti dans la province du Yunnan pour voir de plus près la vie de ces gens. J’ai fait 6 voyages là-bas, et y suis resté plusieurs mois. Cela m’a permis de mieux comprendre les problèmes locaux. Car je voulais filmer au plus près cette histoire. Je voulais être au coeur des préoccupations de ces gens. Et pour cela il me fallait comprendre leurs traditions, leur situation, leur quotidien. Je voulais filmer leur réalité. Que font-ils ? Quels sont leurs problèmes ? Comment arrivent-ils à vivrent ? Avec combien d’argent ? Et je voulais mieux comprendre les différentes minorités qui cohabitent dans cette province du Yunnan. Je suis rentré à Pékin avec des impressions, des histoires, et j’ai tout donné à mon scénariste, Wang Lifu. Il s’est mis au travail et en a tiré le scénario du film. Le but de ce film est de montrer que les changements actuels ne permettent pas de tout régler. Les lois doivent être réalisé en accord avec la situation des campagnes, elles ne peuvent pas être seulement issu d’une réalité citadine.

Votre film est un portrait à l’opposé de la tendance contemporaine, où la campagne va vers la ville et pas l’inverse.
Je pense que ces dernières années nous nous sommes surtout intéressés aux villes. Car c’est là que les changements les plus importants ont eu lieu. Le développement a favorisé l’accroissement des arrivées de paysans dans les villes, pour travailler dans la construction des immeubles et des infrastructures. On a alors vu apparaître en grand nombre dans notre quotidien, et au cinéma, ces paysans-ouvriers, que l’on appelle des « Ming Gong ». Ces films sont en quelque sorte sur ce que les paysans apprennent des villes. Mais la Chine est un pays immense, dont la population est au deux tiers paysanne. Il reste encore de nombreux problèmes dans les campagnes que nous ne résoudrons pas en utilisant le seul exemple des villes. Car les villes ne sont pas adaptées aux problèmes du monde rural. Il faut que le Parti Communiste trouve des solutions aux difficultés des campagnes, de leur quotidien, pour l’application de la justice et l’égalité du développement. Car tout ne parvient pas jusque dans les campagnes. J’ai entendu de nombreuses histoires lorsque j’étais là-bas. Il faut faire attention à cette situation très particulière des campagnes. Après ce film, j’ai réalisé qu’il en était de même dans toutes les campagnes chinoises, que les habitants soient ou non issus des minorités. Pour moi, ce film permet de découvrir la vraie vie du Yunnan. Je veux aider à la compréhension de la réalité du monde rural, de leur quotidien. Je veux montrer comment ils arrivent à régler leurs problèmes et à s’en sortir.

Votre vision de ce monde rural est pleine d’humour.
Oui, je voulais que le film soit plein d’humour car c’est ce que j’ai vu au Yunnan. Les situations, mais aussi les gens sont comme ça. Je voulais que cette tonalité très humour noir reste dans le film. Malheureusement le public chinois y est resté un peu insensible. Ils n’ont pas rit. Ceux qui connaissent le Yunnan ont retrouvé cet humour local, et ont bien compris le ton du film. Lors de la projection à Venise, la salle a souvent ri. Le public occidental, lui, a tout de suite compris la malice et l’esprit de ces personnages. J’ai été surpris de voir que de nombreuses personnes sortaient de la projection à Venise avec les larmes aux yeux. En Chine le public n’a pas eu une telle émotion. Sans doute parce qu’ils sont habitués à ces problèmes. C’est trop familier pour eux.

Comment avez-vous choisis les comédiens ?
Je suis arrivé de Pékin avec deux comédiens, LI Baotian et LU Yulai. Mais l’ensemble des autres comédiens ont été trouvés sur place. Ce sont tous des non professionnels que j’ai choisis parmi la population locale. Pour le rôle de Tante Yang, je voulais une non-professionelle du Yunnan. Je n’ai pas trouvé la comédienne que je voulais parmi le personnel du Département de la justice. YANG Yaning travaille au service des impôts. Ce qui m’a valu des problèmes avec le Département de la justice. Ils ne comprenaient pas pourquoi le rôle d’un juge pouvait être joué par une préposée aux impôts. Que je vienne avec des comédiens de Pékin, cela n’aurait pas posé de problème. Mais comme je prenais un non-professionnel local, cela voulait dire pour eux que je pensais qu’aucune personne dans leur département ne pouvait jouer un juge. J’ai eu beaucoup de mal à faire accepter mon choix. Les problèmes ont suivi avec le reste de la distribution. Au début, je voulais ajouter des gens des villages voisins. Mais les villageois s’y sont opposés. L’argent que le tournage amenait devait aller uniquement aux gens du village. Je n’ai pas pu faire autrement et ai donc été obligé d’utiliser exclusivement les gens du village. J’ai choisi Li Baotian pour le rôle du juge car il convenait tout à fait au rôle principal, mais pas seulement. Je voulais que mon film ait un caractère très documentaire. C’est pour cela que je voulais utiliser des acteurs non professionnels et locaux. Mais si le premier rôle était également un acteur local, sans expérience, je prenais le risque que le film devienne alors vraiment un documentaire. Il me fallait un acteur professionnel qui puisse apporter au film son côté dramatique et humoristique.

Avez-vous rencontré des difficultés pendant le tournage ?
Le tournage a été très dangereux.... sur les routes... Nous ne pouvions pas dormir sur place. Aussi chaque jour, pour se rendre sur le lieu du tournage, nous avions 90 minutes de voiture à faire. Nous devions circuler sur les chemins de montagne qui sont extrêmement dangereux. Le premier jour du tournage, nous avons appris qu’un mini bus local venait de tomber dans le ravin. Il y avait 17 morts. Les montagnes étant très escarpées, et les chemins très étroits et mal entretenus, il y a régulièrement des accidents. J’ai eu un petit accident sur l’une de ces routes avec mon Directeur de la photo. J’étais alors moi-même au volant de la voiture. Jusque-là, je pensais pouvoir circuler seul. À partir de ce jour-là, je n’ai plus jamais conduit. Je me suis laissé conduire. Il faut vraiment connaître les chemins et faire très attention pour pouvoir circuler dans ces montagnes !

Quel accueil a connu le film en Chine ?
Lorsque le comité de censure a vu le film, J’étais un peu inquiet. Je pensais qu’il serait difficile d’obtenir une autorisation de distribution. Car « LE DERNIER VOYAGE DU JUGE FENG » est le premier film sur la justice qui montre que nos lois ne règlent rien dans une grande partie du pays. Mais les dirigeants ont changé. Ils savent que mon film montre juste la réalité actuelle. Et c’est pour cela qu’ils ont accepté de le laisser sortir. Lors de la distribution du film en Chine, il y a eu de nombreux textes et commentaires sur Internet. Les gens aimaient ou pas. Mais finalement aucune de ces réactions ne m’ont plu. Car je pense qu’ils ne comprenaient pas mon film. J’ai montré le film dans les villages où j’ai filmé. Ils ont trouvé le film très réaliste. Au final, je pense que seules les personnes concernées par ce problème de l’application des lois dans les campagnes ont apprécié le film. Car pour eux, ce film permet de raconter ce qui se passe et de mettre en valeur les problèmes qu’ils rencontrent. Certains, après la projection, sont venus me voir pour me raconter d’autres histoires, encore plus incroyables.

Que pensez-vous du cinéma chinois contemporain ?
La production chinoise est en nette augmentation. Mais il reste un problème important de contrôle des films. Il existe en Chine trois type de productions. Les films culturels, que nous appelons couramment art et essai. Les réalisateurs de ces films parlent de leur vision, de la réalité chinoise, d’eux-mêmes. Il existe ensuite un cinéma commercial. Ce cinéma suit ce que le gouvernement et le marché permettent. C’est essentiellement un cinéma de genre. Ainsi des films de fantômes tente d’apparaître. Mais comme il y a de nombreuses restrictions sur les différents genres, il est devenu plus simple pour ces productions de se limiter aux seuls films en costumes. Leurs histoires sont assez insipides, n’évoquant absolument pas la situation actuelle du pays. Ce qui convient parfaitement à la censure. Enfin il existe un cinéma de propagande, qui suit les campagnes politiques du gouvernement. Ces films ont généralement peu d’intérêt. Peu importe que cette production soit d’ailleurs bonne ou non. Ce qui est intéressant, c’est de voir le lien qu’il existe entre la réalité des situations et ce qui est transposé à l’écran. Ces dernières années, le Box Offices des productions chinoises est en hausse notable, tout comme le nombre de films produits. En 2006, les chiffres officiels parlent de 300 films produits. Mais on peut dire que 80 à 90% de cette production est mauvaise. Car la qualité du cinéma chinois n’a finalement pas vraiment bougé.

Comment êtes-vous passé de Directeur de la photo à réalisateur ?
J’ai toujours eu peur de passer à la mise en scène. Je n’ai jamais rêvé de devenir réalisateur. Je me trouvais à ma place lorsque je collaborais avec d’autres réalisateurs chinois. Dès 2001, j’ai été contacté pour passer à la réalisation. Mais j’ai pensé que je n’étais pas prêt. Je prends le cinéma très au sérieux. Je sais que ce n’est pas facile de réaliser un film et que l’on ne peut pas passer ainsi aux commandes. Toutes ces années, lorsque je travaillais avec d’autres réalisateurs, j’étais très attentif. Mon expérience de Directeur de la photo m’a permis de prendre confiance en moi. Progressivement je me suis senti suffisamment à l’aise pour raconter des histoires. Après toutes ces années à faire du cinéma, j’étais enfin prêt à faire mes propres films. Maintenant je suis ouvert à tout. Que ce soit la réalisation, la Direction de la photo ou la production. Mon travail, mon désir, c’est de faire du cinéma. Si un réalisateur vient me proposer un projet enthousiasmant et où j’ai un espace de création, je serai prêt à redevenir Directeur de la photo. Si cela peut aider un film à se faire, je suis partant pour produire. Cette année, je prépare un nouveau projet, mon second film en tant que réalisateur. Cette fois-ci ce ne sera pas sur les campagnes, mais sur la ville. Je veux aborder la question des changements importants intervenus en Chine ces dernières années.

Bio-Filmographie du réalisateur :

Liu Jie est né en 1968, à Tianjin, au nord de la Chine. En 1986, il déménage à Pékin pour suivre des études à l’Académie des Beaux Arts. C’est là qu’il découvre “Terre Jaune” de Chen Kai-ge, premier film du chef de file de la 5ème génération. En 1987, il intègre l’Académie de Cinéma de Pékin et y étudie la photographie pendant 4 ans.

Entre 1992 et 2003, il participe à nombre de films indépendants en tant que directeur de la photo ou producteur. Ces films n’ont jamais rencontré leur public en Chine.

LE DERNIER VOYAGE DU JUGE FENG (Mabei shang de Fating) est son premier long métrage en tant que réalisateur.

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Les étapes du cinéma chinois jusqu'au XXIe siècle

Le 28 août 2008 à 15:43 dans Cinéma Chinois - 电影, 109 lectures

1896 : première projection (films Lumière) dans le cadre d'un programme de variétés présenté aux jardins Xu, à Shanghai. Les opérateurs des frères Lumière parcourent le monde y compris la Chine.

1897 : James Ricalton projette des films Edison dans plusieurs maisons de thé de Shanghai.

1901 : Une douzaine de scènes chinoises filmées pour The American Mutoscope and Biography Company, New York.

1903 : Antonio Ramos, un Espagnol inaugure la première salle de projection au rez de chaussée d'un grand magasin de thé de Shanghai. Les séances durent 15 minutes, leur prix est modique, la publicité est bien faite. Elles ont un tel succès que bientôt Ramos peut ouvrir un vrai cinéma : le Vittoria, sur la Haining Road à Shangai.

1905 : Le studio de photographie Fentgai de Pékin entreprend de filmer en extérieurs des extraits du répertoire des grands interprètes d'opéra, en particulier Tan Xinpei. Premier film du cinéma chinois : trois fragments de la pièce Le mont Dingjun, d'après un épisode des Trois Royaumes.

1907-1908 : Enrico Lauro, un napolitain tourne plusieurs documentaires : le premier Tramway de Shanghai (1908), Funérailles impériales (1908), Les concessions de Shanghai (1911)

1909 : Pékin et ses environs, photographié par Pathé.

1913 : La grande guerre interrompt momentanément les activités cinématographiques en Chine ( la pellicule n'arrive plus).

1917-1920 : La Commercial Press, grande maison d'édition de Shanghai, fonde une section cinéma.

1920-1927 : La Commercial Press réalise une trentaine de documentaires et vingt-huit films d'opéra et de fiction avant de cesser ses activités cinématographiques en 1927.

1922 : Boom de l'industrie cinématographique chinoise. Le film Zhan Xinsheng de Zhang Schichuan fut déclaré « inhumain et insupportable » et interdit par les autorités à la suite d'une affaire de patricide qui avait ému l'opinion.

1924 : Le film Divorcée de Li Zeyuan et Hou Yao est une production des studios Changcheng animés par de jeunes intellectuels influencés par les idées modernes. Wang Xuchang qui avait étudié le cinéma en France avant d'être opérateur à la Mingxing fonde les studios Shenzhou.

1928 : Feu au temple du lotus rouge de Zhang Schichuan, film d'arts martiaux dont le succès est immense est le premier d'une série de dix huit épisodes.

1929 : Les premières règles de censure sont instaurées par Guomindang. Le bureau de la censure se réunit à partir du mois de mars.

1930 : Début du parlant : premier film sonore chinois en collaboration avec Pathé qui réalise les disques : La Chanteuse pivoine rouge de Zhang Schichuan.

1932 : L'industrie cinématographique est sérieusement endommagée au cours des bombardements japonais sur Shanghai (16 cinémas détruits sur 39). Mais ces difficultés stimulent le sentiment patriotique et plusieurs compagnies réalisent des films d'actualité…

1938 : L'occupation de Shanghai par les Japonais entraîne l'émigration d'une partie du monde du spectacle. A Shanghai, une bonne partie du monde du cinéma établie sur le territoire des concessions étrangères, garde une certaine liberté vis à vis de l'occupant…

1939 : A la suite de la fondation par les Japonais à Changchun en 1937, de la compagnie cinématographique de Mandchourie, création de gigantesques studios. Tout le personnel est japonais mais les Chinois gardent une relative liberté dans la réalisation de films.

1946 : Les cinéastes exilés en zone libre pendant la guerre rejoignent pour la plupart Shanghai où les studios recommencent à fonctionner.

1958 : Premier découpage articulé appelé aussi film de papiers découpés, Zhu Bajie mange la pastèque de Wan Guchan.

1959 : Premier film chinois en cinémascope : Nouvelle histoire d'un vieux soldat de Shen Fu.

1966 : Le torrent de la révolution de Yi Lin, achevé à la veille de la Révolution culturelle, le film ne sera projeté devant le public chinois qu'en 1977.

1976 : Une soixantaine d'opéras traditionnels sont filmés, dont près d'une cinquantaine ne seront jamais montrés au public.

1978 : Le Quotidien du peuple publie une liste de films autorisés à ressortir au nom de la politique officielle de la détente qui se manifeste depuis quelque mois dans les milieux du cinéma.

1984 : Terre jaune de Chen Kaige est le film fondateur de la nouvelle vague ou la Cinquième génération (s'applique aux étudiants qui entrèrent à l'institut de cinéma en 1978 et en sortirent en 1982). Terre jaune provoque un véritable événement au Festival du Film de Hong-Kong en 85. Pendant une décennie, les films chinois vont se répandre dans les festivals du monde entier.
Trois réalisateurs se mettent en valeur Chen Kaige (La Grande parade, Le Roi des enfants, La Vie sur un fil), Tian Zhuangzhuang (Le voleur de chevaux, Le cerf volant) et Zhang Yimou (Le sorgho rouge, Epouses et concubines, Qiu Ju, une femme chinoise, Vivre !…). Tous ces cinéastes ont en commun d'avoir vécu la Révolution Culturelle et ont eu le besoin d'exorciser cette période.

Premier film de La Cinquième génération, Un et huit, œuvre collective produit par les étudiants ayant obtenu leur diplôme en 1982.

1989 : Emergence de la Sixième génération, y entrent tous les jeunes cinéastes chinois post-massacre de Tienanmen (1989). Leur « dogme » est de tourner en ville, souvent clandestinement et sans autorisation. Leurs films tournent le dos à toute forme de propagande mais ils ne sont pas forcément des cinéastes engagés et contestataires.

1993 : Depuis la réforme de 1993, l'Etat a renoncé à jouer le rôle de producteur. Les studios doivent s'autofinancer en trouvant des investisseurs privés et en commercialisant leurs films. La réforme met fin au monopole de distribution de la Société Chinoise d'Importation et d'Exportation de Films (Chine Films) mais Chine Films continue de contrôler l'importation de films étrangers en Chine

1995 : Réunion à Changsha des fonctionnaires de la culture, du cinéma et de la propagande qui impose aux cinéaste d'illustrer dans leur œuvre le motif principal (célébration de l'endurance des bons socialistes face aux épreuves de la vie) et de s'abstenir de toute note discordante.

Première Palme d'or chinoise dans l'histoire du Festival de Cannes pour Adieu ma concubine de Chen Kaige.

1999 : Lion d'or à Venise pour Pas un de moins de Zhang Yimou. , le film sera rejeté en Chine pour avoir montrer une image dégradante du pays.

2000 : Grand Prix du Jury à Cannes pour le film de Guizi Lai Le, Les démons à ma porte

2001 : 4 Oscars dont le meilleur film étranger pour Tigre et dragon de Ang Lee.

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Jia Zhangke (贾樟柯)

Le 24 août 2008 à 08:40 dans Cinéma Chinois - 电影, 112 lectures

Jia Zhangke est un cinéaste chinois né en 1970 à Fengyang, dans la province du Shanxi

Étudiant en peinture à l'École des beaux-arts de Taiyuan, Jia Zhangke publie un premier roman en 1991. Il entre ensuite à l'Université de cinéma de Pékin, où il fonde un « groupe du film expérimental », considéré comme la première structure de production indépendante en Chine. Issu de la sixième génération de cinéastes chinois dite « underground », il a reçu de nombreux prix dans les festivals de films internationaux.

Les films de Jia Zhangke se caractérisent par un réalisme très accentué, trouvant ses thèmes dans la vie quotidienne des zones semi-urbaines de Chine, où il plante l'envers du décor d'une Chine largement mystifiée par le cinéma chinois grand public. Cela explique qu'il soit apprécié en Europe et quasiment inconnu du public chinois.

En 2006, Zhangke obtenait le Lion d'or à la 63e Mostra de Venise avec Still Life. La même année, il y présentait, dans la section « Horizons », Dong un film documentaire sur le peintre Liu Xiaodong.

En 2008 il présente au Festival de Cannes son nouveau film 24 City

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Une jeunesse chinoise

Le 24 août 2008 à 08:35 dans Cinéma Chinois - 电影, 95 lectures

Film chinois de Lou Ye avec Hao Lei, Guo Xiaodong. (2 h 18.)

Chine, 1989.
Deux jeunes amoureux vivent une relation d'amour-haine, complexe et érotique, dans un pays soumis aux troubles et à l'instabilité politiques.
La belle Yu Hong quitte son village, sa famille et son fiancé pour étudier à Pékin. Elle y découvre un monde d'intenses expériences sexuelles et affectives et tombe follement amoureuse d'un autre étudiant, Zhou Wei. Leur rapport tourne au jeu dangereux alors qu'autour d'eux, les étudiants commencent à manifester, exigeant la démocratie et la liberté.

Le martyre ne confère pas forcément la sainteté. Et la censure gouvernementale dont a fait l'objet Une jeunesse chinoise n'est pas une garantie d'élévation esthétique. N'empêche qu'en interdisant la diffusion du film de Lou Ye en Chine pour punir le réalisateur et ses producteurs d'avoir présenté le film au Festival de Cannes en 2006 sans son aval, le Bureau du cinéma de Pékin a témoigné de l'intérêt que l'on pouvait trouver au quatrième long métrage du jeune (41 ans) réalisateur.

Il s'agit, comme l'indique le titre français, d'un récit d'apprentissage, qui commence au moment où Yu Hong, jeune fille violente et belle, apprend qu'elle est admise à l'université de Pékin. Elle quitte sa petite ville à la frontière coréenne, son père et son petit ami un peu voyou. On est en 1988, et elle plonge sans retenue dans un univers changeant, peuplé de jeunes gens enivrés par l'infinité de possibles qui s'ouvrent devant eux.

De la manière dont Lou Ye met en scène ces quelques mois d'exaltation, on dirait que toutes les révolutions arrivent en même temps - politique, artistique, sexuelle - et qu'elles sont l'oeuvre de jeunes gens jolis et romantiques. Cette facilité de narration peut éventuellement être mise au compte de la nostalgie. De toute façon elle est contrebalancée par la présence très forte, très ensorcelante, de l'actrice Hao Lei dans le rôle de Yu Hong. Elle tombe amoureuse d'un bel étudiant ténébreux, Zhou Wei, et bientôt la jeune fille s'effraie de la violence de ses sentiments.

Là encore, Lou Ye (qui a écrit le scénario) recourt aux outils romanesques quand le couple parvient au plus fort de sa crise la nuit du 4 juin 1989, celle du massacre de la place Tiananmen. Cet épisode est situé au centre du film. Et si Une jeunesse chinoise s'était arrêté là, on en aurait gardé l'impression d'un film brillant et un peu superficiel, qui mêle avec beaucoup d'artifice le particulier et le collectif, l'histoire d'amour et l'histoire tout court. Mais il reste encore plus d'une heure pour que le destin de Yu Hong et de ses camarades s'accomplisse. Ou plus exactement, que leur vie se perde dans de longues dérives.

L'héroïne elle-même erre de ville en ville, au gré de l'ouverture de l'économie chinoise au capitalisme. Le brio de la première moitié du film laisse place à un récit plus lent, plus réfléchi, qui met en scène la contrainte grise du manque d'argent, l'exaltation sans lendemain d'un amour adultère, la résignation face aux hiérarchies qui combinent la brutalité stalinienne et le cynisme capitaliste.

LE RÈGNE DE L'ARGENT

Cinéaste caméléon, Lou Ye abandonne alors la manière un peu sentimentale, exaltée et provocatrice (les séquences consacrées aux amours de Yu Hong et de ses camarades vont au-delà des habitudes et des normes du cinéma chinois), pour se rapprocher d'autres réalisateurs de sa génération, préoccupés de donner un sens à la réalité du règne de l'argent sur la Chine.

Ce long coda, sinistre et lucide, incite à plus d'indulgence à l'égard des séquences du début du film, celles d'avant la chute. Sur le moment, la peinture de cette utopie a pu exaspérer : face au triomphe de la plus triviale des réalités, elle prend le statut d'âge d'or que Lou Ye voulait lui conférer. Dans la peinture de cet enfer ordinaire, le sujet central, Yu Hong, ne perd rien de sa force et de sa violente tristesse.

Pendant ce temps son amant et un autre couple d'amis se sont exilés à Berlin. Les séquences parallèles consacrées à ce fil du récit ne servent pas vraiment le film. Bien sûr Lou Ye en profite pour étayer sa démonstration : où qu'ils se soient trouvés après le 4 juin, les enfants de cette génération ont été contraints à l'exil, dans l'incapacité de pouvoir retrouver un pays éphémère à jamais détruit.

L'ambition du projet - on dirait que Lou Ye a voulu réunir en un seul récit L'Insurgé et L'Education sentimentale - laisse une prévisible sensation d'insatisfaction. Cette imperfection n'empêchera pas le film de peser d'un poids certain. D'abord parce que son mélange de nostalgie et de colère, de romance et de tragédie est porté par un élan, une sincérité, qui font passer les facilités que s'accorde parfois le metteur en scène. Ensuite parce que les premiers spectateurs de Summer Palace (le titre anglais et chinois d'Une jeunesse chinoise) ont été assez convaincus de son pouvoir de nuisance pour lui refuser l'accès au public de son pays.


Présenté à Cannes

Palais d'été a été présenté en Sélection Officielle, en compétition, au Festival de Cannes 2006, sous le titre Summer Palace.

Lou Ye victime de la censure

En mai 2006, lorsque Une jeunesse chinoise est projeté au Festival de Cannes, le film n'a pas encore reçu de visa d'exploitation des autorités chinoises. Le cinéaste l'avait pourtant soumis à l'organisme de censure, mais celui-ci avait alors estimé qu'il lui était impossible de se prononcer, la raison officielle étant la mauvaise qualité de la copie fournie... En dehors de l'audace (relative, pour un public occidental) des scènes d'amour, Une jeunesse chinoise aborde un sujet tabou en Chine : la répression du mouvement étudiant de Tian An Men, qui fit plus d'un millier de morts au printemps 1989. Sur la Croisette, Lou Ye faisait part de ses craintes d'être sanctionné pour avoir osé présenter son film sans autorisation, et déclarait en conférence de presse : "Je suis prêt à faire n'importe quoi pour que le film puisse être montré en Chine [y compris] à supprimer toutes les scènes qu'ils veulent supprimer". Mais le film a été interdit et, le 4 septembre 2006, Lou Ye et son producteur ont été frappés d'une interdiction de tournage pendant cinq ans. Plusieurs réalisateurs reconnus ont été victimes de la chinoise censure au cours de ces dernières années, tels Zhang Yuan (East Palace, West Palace) ou Yu Lik Wai (All tomorrow's parties).

Une genèse chinoise

Lou Ye revient sur l'origine du projet : "En fait, depuis la fin de mes études universitaires en 1989, je pensais écrire une histoire d'amour. J'avais aussi en tête l'image du Palais d'été de Pékin. Le Palais d'été se situe à côté du quartier universitaire. Le point de départ du scénario se résumait donc à l'Université à Pékin, le Palais d'été et une fille qui s'appelle Yu Hong (...) Dès le début de l'écriture le pivot de l'histoire était le personnage de Yu Hong. A partir de son journal intime, on racontait son histoire. Puis on a développé au fur et à mesure les autres protagonistes, ceux qu'elle va croiser et qui gravitent autour d'elle (...) ils sont là parce qu'ils entrent dans son histoire, parce qu'ils touchent à sa vie."

Tian An Men vu par

Dans Une jeunesse chinoise, le cinéaste montre les différentes manières dont les individus ont vécu les événements de 1989 : "Dans le groupe d'étudiants vivant au dortoir universitaire, Song Ping, par exemple, appartient à la génération de la Révolution Culturelle", explqiue le réalisateur. "Zhou Wei, lui, se croit très occidentalisé, mais il ne comprend pas forcément tout ce que signifient les idées et les idéologies occidentales. Il saisit l'Occident à la manière chinoise. Pendant les années 80, suite à l'ouverture de la Chine au monde, beaucoup d'idées venues de l'Ouest étaient mal interprétées. Dong Dong est une jeune fille de 17 ans. Elle est vierge des événements comme une page blanche. Elle s'intéresse à tout et va à la rencontre de tout le monde, comme une petite fille. Ruo Gu est aussi de la génération précédente. Et Li Ti se trouve entre deux générations. Yu Hong est à part, elle vit dans son propre monde. En fait, tous ces personnages je les ai connus..."

Souffle romantique et souffle de l'Histoire

Une jeunesse chinoise mêle les tourments du coeur à la tourmente de l'Histoire. le cinéaste précise : "Lorsqu'on suit le destin de Yu Hong et Zhou Wei, on s'aperçoit que leur amour est hors de tout contrôle, qu'il dépasse les événements qu'il n'est pas maîtrisable (...) en 1989 les jeunes possédaient effectivement une certaine idée du romantisme. C'était la première fois que la Chine s'ouvrait au monde extérieur, après une longue période de confinement. Les jeunes se sont imprégnés tout d'un coup de toutes sortes d'idées nouvelles. C'était le début de la période des réformes dans le pays, les étudiants avaient le sentiment d'être plus libres que leurs prédécesseurs et qu'ils pouvaient tout faire. Aujourd'hui on sait que ce n'était qu'une illusion

Vers le sud

Le réalisateur revient sur l'importance de la provenance géographique des personnages : "[Yu Hong vient] de Tumen, une ville du nord-est du Pays. C'est au moment des repérages que nous avons déterminé les origines de Yu Hong. Nous sommes allés dans cette région pour trouver un endroit près de la frontière avec la Corée du Nord, là où la Russie, la Corée du Nord et la Chine se touchent. Nous sentions que sa provenance géographique pouvait avoir une certaine influence sur le personnage. Initialement nous voulions commencer l'histoire dans le nord et progresser suivant un axe nord-sud, parallèle au développement général de la Chine. Le film devait même se terminer à Shenzhen. Finalement, il commence à Pékin, s'arrête un moment à Wuhan et continue lentement vers le sud. Cette progression est liée à l'histoire de Yu Hong qui se dirige vers des villes plus ouvertes, où le développement est plus rapide."

De Pékin à Berlin

Une partie du film a été tournée à Berlin, ville dans laquelle se rend un des héros du film, au moment de la chute du Mur. Le cinéaste a choisi cette ville non seulement en raison de ce parallèlisme mais aussi parce qu'il voit des ressemblances entre Berlin et Pékin ("au niveau de l'organisation de la société") et enfin pour des raisons personnelles : c'est à Berlin qu'il rencontré son épouse...

Rosem, bouquet chinois

Une jeunesse chinoise est une coproduction franco-chinoise, avec, côté français, la société Rosem Films (Le Chêne, Le Cri de la soie), une société qui a ouvert un bureau à Pékin -elle a notamment financé les films de Wang Chao (Jour et nuit, Voiture de luxe).

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